On utilise parfois les mêmes mots pour parler de la musique et des arts visuels : couleur, ton, ligne, harmonie, composition, matière, rythme. De son côté, l’église Saint-Eustache est nourrie d’alliances et de dialogues culturels entre l’orgue et les concerts, les tableaux et les expositions.
Le samedi 6 juin à 22 h, Mathilde Mugot et Hélène Mugot seront les interprètes d’une Nuit Blanche faite de variations chromatiques : une mise en scène sonore de dix sonates pour clavecin sur fond de tableau, de lumières et de pixels. Une scénographie rayonnante, inspirée du théâtre d’ombres du XVIIIe siècle, sous la masse silencieuse du grand orgue.
Tenant à la fois du concert et de l’exposition, l’événement repose sur un compositeur qui incarne pleinement l’esthétique des Lumières. Il brosse de petits tableaux musicaux, faisant naître des climats variés par la répétition de courts motifs enchaînés sans transition.
Domenico Scarlatti (1685-1757), le Napolitain, a écrit 555 sonates pour clavier, une œuvre sans commune mesure avec celle de ses contemporains. Né la même année que Johann Sebastian Bach et Georg Friedrich Haendel, il demeure à l’écart des musiciens de son temps. Discret, il développe un talent exceptionnel de claveciniste ; avec lui, le clavecin est porté à son sommet alors même qu’apparaît un nouvel instrument : le pianoforte.
Il n’est pas l’homme des danses de cour, mais il demeure perméable aux musiques populaires, notamment celles d’Espagne et du Portugal. L’Andalousie a été fondamentale pour lui. Musicalement, ses formes sont brèves, ses motifs répétitifs, son harmonie nourrie d’un sens débordant des nuances. Ses sonates exigent de l’interprète une grande virtuosité.
Démoniaque, selon certains — mais certainement pas dans une église ! Au contraire, Marcel Proust faisait dire à Madame de Cambremer, se jetant sur un cahier de Scarlatti :
« Oh ! jouez ça, tenez, ça, c’est divin. »
Simplement éclatant.
Michel Micheau, membre du Collège des Arts visuels de Saint-Eustache

Critique Télérama - TTT
Par Sophie Bourdais
"Le doux salon de Mathilde" par Stefan Wandriesse Baroquiades
https://www.baroquiades.com/articles/recording/1/salon-rue-du-hasard-mugot-seuletoile
"Mathilde Mugot se joue du Hasard" par Frederik Casadesus pour Le club de Mediapart
https://blogs.mediapart.fr/frederick-casadesus/blog/150524/mathilde-mugot-se-joue-du-hasard
Pizzicato (en allemand)
https://www.pizzicato.lu/im-salon-von-fraulein-certain/
Accords parfaits
https://www.accords-parfaits.net/blog/un-concert-de-clavecin-sous-louis-xiv-donc-sans-mozart

En pistes! sur France Musique (1:13')
https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/en-pistes/susanna-maelkki-incarne-sibelius-8369980
Interview sur Fréquence Protestante avec Marc Portehaut
https://frequenceprotestante.com/events/avec-mathilde-mugot-le-salon-de-la-rue-du-hasard/
RCF Chronique de Benito Pelegrin

De Monaco à Lyon, en passant par Amsterdam puis Bâle,
Mathilde Mugot s’enrichit de nombreuses rencontres, autant musicales qu’humaines.
Diplômée du CNSMD de Lyon et de la Schola Cantorum de Bâle, c’est à l’Académie de Musique de Monaco qu’elle commence ses études musicales dans les classes de clavecin et de violoncelle. Durant ses études supérieures, elle suit notamment les cours de Jean-Marc Aymes, Dirk Börner, Jörg-Andreas Bötticher et Menno Van Delft.
Son parcours est toutefois marqué par l’enseignement d’Elisabeth Joyé et de Bertrand Cuiller.
La pratique du violoncelle enrichit indéniablement son jeu et son approche du clavier. Et c’est tant au clavecin qu’au violoncelle qu’elle a l’opportunité, dès 2011, de jouer sous la direction de Rheinard Goebel, Paul Agnew, François-Xavier Roth, Amandine Beyer entre autres. Depuis, elle fréquente les festivals de Royaumont, Saintes, Jeunes Talents ou encore Mars en Baroque.
Elle est cheffe de chant et enseigne la basse-continue au CRR de Nice depuis 2018.
Son premier enregistrement autour d’un salon de musique parisien dans la France du XVIIe siècle sorti en 2024 pour le label Seulétoile reçoit un accueil chaleureux de la critique dont TTT de Télérama.
Mathilde Mugot est lauréate de la Fondation Royaumont et de l’Académie Musicale de Villecroze.

ENGLISH
From Monaco to Lyon, with stops in Amsterdam and Basel, Mathilde Mugot has benefited from numerous musical and personal experiences. She began her musical studies in the harpsichord and cello classes of the Académie de Musique de Monaco and now holds degrees from the Lyon Conservatory (CNSMD) and the Schola Cantorum Basiliensis.
She specialized in harpsichord, basso continuo, and improvisation with Jean-Marc Aymes, Dirk Börner, Jörg-Andreas Bötticher, and Menno van Delft, as well as in baroque cello at the CRR de Lyon with Hager Hanana. Her successive encounters with Elisabeth Joyé and Bertrand Cuiller marked decisive turning points in her career.
Since 2011, she has performed both as a cellist and as a harpsichordist under the direction of Reinhard Goebel, Paul Agnew, François-Xavier Roth, Amandine Beyer, and Angélique Mauillon, among others.
She has enjoyed sharing the stage with her friends in the Orchestre National de Lyon and playing sonatas with the viol player, André Lislevand.
She has been a vocal accompanist and taught basso continuo at the CRR de Nice since 2018.
Her first recording, featuring music from an eighteenth-century Parisian salon, will be released in 2024 on the label Seulétoile.
Mathilde Mugot is a laureate of the Fondation Royaumont and of the Académie Musicale de Villecroze.